Interview de Christiane Lambert : « Le Gouvernement ne doit pas rester sourd »

Retour Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

 « Le Gouvernement ne doit pas rester sourd »

Du 10 au 15 décembre, dans toute la France, les agriculteurs se sont mobilisés, à l'appel de FNSEA et JA, pour protester contre « le matraquage de l’agriculture » et l’augmentation des charges, notamment. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA salue la mobilisation massive du réseau des deux organisations et estime que si des avancées ont été obtenues les agriculteurs se heurtent tout de même à l’intransigeance du Gouvernement.

Quelles avancées depuis les actions contre le « matraquage de l’Agriculture ? »
Le calendrier de la loi Alimentation était en danger, car certains opposaient à la revendication – légitime – des gilets jaunes pour le maintien du pouvoir d’achat à la parution des ordonnances liées à la Loi Alimentation. Les agriculteurs ne veulent pas subir une double peine ! Grâce à notre pression, le Gouvernement les a validées en Conseil des Ministres du 12 décembre (et non début janvier) pour une entrée en vigueur pour les négociations commerciales 2019. Il manque encore l’ordonnance sanctionnant les prix abusivement bas. La FNSEA participe activement aux réunions finales à Bercy et est déterminée à obtenir sa parution en Janvier. Sans sanctions dissuasives, le dispositif d’ensemble aurait plus de risques d’être contourné et perdrait en efficacité pour le retour de valeur aux producteurs.

Qu’en est-il des menaces de charges supplémentaires, notamment dans le domaine des phytosanitaires ?
Nous nous heurtons à l’intransigeance du Gouvernement, qui continue à imposer la transition écologique à marche forcée et à coûts élevés. Ce qui a mis les « gilets jaunes » dans la rue avec le sentiment de décisions autoritaires descendantes et déconnectées des réalités économiques des acteurs de terrain… nous le subissons de plein fouet dans les décisions dogmatiques envisagées.
- Que ce soit l’augmentation de la RPD où les agriculteurs qui acquittent aujourd’hui 140 millions d’euros par an, se verraient imposer au 1er janvier 2019 une augmentation de 37 % (selon les ministères) à 77 % (selon les calculs de nos organisations),
- Que ce soit encore sur la séparation de la vente et du conseil, construite de façon caricaturale et totalement déconnectée des pratiques des agriculteurs et de leurs conseillers. Les professionnels ne sont pas suffisamment écoutés et considérés. Le résultat sera contreproductif : nous refusons cette dérive pernicieuse.
Ces décisions sont incohérentes et insupportables au moment où le Président de la République a déclaré que toute transition devait être socialement et économiquement soutenable et que les acteurs devaient être accompagnés ; les agriculteurs ont entendu et attendent des actes !

Comment inverser la tendance ?
En continuant à jouer collectif ! La FNSEA sait pouvoir compter sur le réseau FNSEA + JA pour interpeller les Parlementaires sur leurs terres, afin de faire remonter le refus de décisions aveugles et anti-compétitivité. Dans plus de 80 départements, depuis le 10 décembre, des séances d’explications ont eu lieu dans des fermes ou autour d’une table et toujours chiffres en main pour montrer l’impossibilité de supporter toute charge nouvelle. Parfois vives, car l’heure est grave, ces interpellations obligent le Gouvernement à être plus à l’écoute au lieu de contourner les corps intermédiaires. Sur le TODE, les Parlementaires ont su être à l’écoute et ont ramené du pragmatisme. Nous leur en savons gré. Alors nous avons besoin de la même efficacité sur l’arrêt de toute nouvelle charge de fiscalité écologique. Je salue la mobilisation massive de nos réseaux, le Gouvernement ne peut pas rester sourd.

Ensemble pour la réussite de nos territoires !

Ensemble pour la réussite de nos territoires !

Toutes les émissions dans la médiathèque