GNR : Flambée des prix ?

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Devant les augmentations du prix du GNR, les fausses informations et les idées reçues circulent.
Pourtant, le prix dépend de multiples paramètres, principalement le cours du pétrole. Pour l’agriculture c’est le coût de production qui est immanquablement impacté.

« L’or noir » mondialement influencé

Le prix du baril de pétrole influence le coût de tous les produits dérivés, comme le GNR. Ainsi la fluctuation de son cours impacte les prix pratiqués.
Or, depuis 2014, le prix du baril n’avait plus été aussi élevé, atteignant début octobre, près de 80 dollars. Cette hausse s’explique par des facteurs mondiaux : l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres pays producteurs, comme la Russie, ont réduit leur production.

Deux raisons principales à cette baisse :
La première, est la signature de l’accord fin 2016 visant à rééquilibrer l’offre et la demande de « l’or noir » dans le monde.
La seconde est le rôle des Etats-Unis dans les spéculations sur le cours du pétrole, puisqu’ils menacent de sanctionner l’Iran et le Venezuela (importants producteurs et exportateurs de pétrole et membres de l’OPEP) suite à leur retrait de l’accord sur le nucléaire iranien et suite aux élections controversées vénézuéliennes. Les tensions entre les pays font craindre une retombée économique sur l’une des activités principales des pays concernés.

Conséquences en France

Non seulement, le prix du baril de pétrole est toujours libellé en dollar américain, ce qui implique que la conversion en euro doit suivre le taux de change (si l’euro baisse, le pétrole coûtera plus cher et inversement).
Mais, en plus, le prix du GNR est impacté différemment suivant l’endroit où il est acheté en France. En effet, la marge de raffinage dépend du marché régional de pétrole raffiné sur lequel aura été acheté le GNR : Rotterdam (Europe du Nord) ; Gênes-Lavéra (Méditerranée) et Londres (Nord-Ouest de l’Europe). Les produits pétroliers arrivant par voie maritime sur le marché français, les consommateurs de zones portuaires bénéficieront de prix du GNR moins élevés, du fait de coûts de distribution moindres.

Enfin, la demande locale joue également sur le prix : la vague de froid annoncée par les médias dès début octobre a incité les particuliers à commander massivement du fioul pour la chaudière. Cette hausse de la demande en fioul a pesé sur la demande en pétrole en général et a donc entrainé une hausse des prix.

Un bilan mitigé pour le monde agricole

La fiscalité du GNR se compose de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La part TICPE augmente chaque année (2014 : 81.4€/1 000 L ; 2017 : 150.9€/ 1 000L), Toutefois, tous les ans, la charge dont le secteur agricole est redevable reste fixe (38.6€/1000L). En effet, les exploitants agricoles peuvent bénéficier d’un remboursement partiel de TICPE, sur présentation des factures, depuis la mobilisation du réseau FNSEA pour pérenniser le dispositif de remboursement de cette taxe.

La mobilisation a également lieu pour le projet de loi de finances 2019, dans lequel le gouvernement a annoncé vouloir supprimer le taux réduit de TICPE sur le GNR pour le secteur des travaux publics, dans le cadre de la diminution de consommation de carburant et en lien avec l’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence à horizon 2021. Jusqu’ici le projet de loi annonce préserver les secteurs agricole et ferroviaire quant au taux réduit de TICPE pour les trois ans à venir. Pour le secteur agricole, ce taux réduit devrait être appliqué directement à la facture à compter de 2019. 

Point de vue François Fontenier

L’augmentation du prix du baril, s’il relève des conflits mondiaux, a un réel impact sur le monde agricole, puisque sont directement liés le coût des engrais et intrants, mais aussi le coût d’utilisation de nos outils. A terme c’est notre coût de production qui est augmenté, et pourtant, le prix de vente de nos produits reste invariable.

L’agriculture est encore trop souvent le bouc émissaire des maux de notre environnement. Les réglementations environnementales sont trop souvent subies. On nous impose d’être irréprochable, quand le consommateur type préférera les produits non français, non respectueux, mais peu coûteux.

Le remboursement de la taxe TICPE permet à bien des agriculteurs de continuer à travailler malgré les charges toujours plus nombreuses. Certes, le secteur du BTP n’en bénéficie plus et s’en sort, mais lui, maîtrise ses prix. L’agriculture se bat depuis des années pour maîtriser ses revenus, mais à l’image de la dernière loi de l’alimentation, les propositions du gouvernement pour y parvenir, ne sont que mirages. Mettre fin à ce remboursement c’est augmenter encore plus le coût de la production, c’est étouffer un peu plus nos agriculteurs.

Composition du prix du GNR :

- 50 % : prix du pétrole brut
- 10 % : coûts de raffinage
- 2 % : coûts de transport et distribution
- 30 % : fiscalité : TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) et TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) à 20%
- 8 % : demande locale et marges du distributeur

 

 Marion PONCET, FDSEA 59 et Mayline DEHANDSCHOEWERCKER, FDSEA 59

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