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Avec l’arrivée des diverses récoltes, vous êtes nombreux chaque année à vous poser la même question : puis-je demander à mon salarié d’effectuer plusieurs heures supplémentaires sans limite pour finir les travaux saisonniers qui ne peuvent pas attendre ?

Suite à la demande de la FRSEA, la DIRECCTE autorise le dépassement des durées maximales de travail sous certaines conditions.

En principe, un employeur ne peut pas faire travailler son salarié plus de 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 1940 heures par an (ou 2000 heures pour les entreprises qui emploient un seul salarié permanent et les CUMA).

Cependant, certaines de ces limites peuvent être dépassées après autorisation préalable de la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE).

Sur demande de la Commission Employeurs de la Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FRSEA) des Hauts-de-France, la DIRECCTE vient d’accorder pour l’année 2017, sous réserve de respecter certaines modalités, une autorisation collective à déroger à ces limites pour les exploitations agricoles de notre région. Cette décision évite ainsi aux agriculteurs de devoir faire des demandes individuelles pour certains travaux dont l’exécution ne peut être différée.

Quelles sont les modalités à respecter pour pouvoir déroger à ces durées maximales de travail ?

Conditions à respecter pour déroger à la durée maximale hebdomadaire :

Pour la conduite de matériels agricoles, il vous est possible de faire travailler vos salariés dans la limite de 60 heures pendant 10 semaines consécutives ou non pour l’ensemble des périodes et travaux suivants :
- du 19 juin au 30 septembre pour les récoltes des céréales et du lin textile,
- du 31 juillet au 21 octobre pour la récolte des pommes de terre,
- du 18 septembre au 9 décembre pour la récolte des betteraves, de maïs et de tournesol,
- du 18 septembre au 9 décembre pour les semis d’automne,
- du 25 septembre au 23 décembre pour la récolte des racines d’endives,
- du 4 septembre au 28 octobre pour la récolte des fruits du verger.

Une dérogation est également accordée, dans la limite de 60 heures pendant 3 semaines consécutives ou non, cette fois-ci, pour l’ensemble des périodes et travaux suivants :
- du 31 juillet au 21 octobre pour le tri et le conditionnement des pommes de terre,
- du 13 novembre au 16 décembre pour les travaux de coupe des sapins de noël.

A noter : Cette dérogation s’applique exclusivement aux salariés majeurs, permanents et temporaires, employés durant les périodes susvisées.

Conditions à respecter pour déroger à la durée maximale quotidienne :

Le dépassement de la durée quotidienne peut être effectué dans la limite de deux heures par jour, soit 12 heures de travail effectif au lieu de 10. Le nombre global d’heures de dépassement par salarié ne doit pas être supérieur à 50 heures par période annuelle (exemple : 25 jours à 12 heures). En outre, ce dépassement ne peut être appliqué que pendant un maximum de six journées consécutives.

Autres conditions à respecter :

La DIRECCTE rappelle que :
- La durée maximale hebdomadaire moyenne calculée sur 12 mois reste fixée à 44 heures ;
- Cette autorisation n’exonère pas les employeurs du paiement des majorations pour heures supplémentaires, et qu’en cas de recours au système dit de l’annualisation du temps de travail, les heures effectuées au-delà de 48 heures au cours d’une semaine devront subir une majoration de salaire de 25 % pour les 8 premières heures et 50 % au-delà ;
- Le salarié doit bénéficier d’un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives se situant le dimanche en principe. Cependant, celui-ci peut être suspendu au maximum 6 fois par an en cas de circonstances exceptionnelles et sous réserve d’en informer l’inspection du travail ;
- Il existe également un repos quotidien obligatoire de 11 heures consécutives, qui se cumule avec le repos hebdomadaire ;
- Les employeurs qui désirent user de la présente dérogation doivent procéder (lorsqu’il y a des institutions représentatives du personnel) à la consultation du comité d’entreprise, ou à défaut, des délégués du personnel, sur cette intention, et transmettre l’avis ainsi recueilli au directeur régional de la DIRECCTE.

 Bon à savoir :

Malgré cette demande syndicale commune pour les Hauts de France, les employeurs du Nord et du Pas de Calais ont obtenu des dérogations différentes à celles délivrées à leurs homologues de l’ancienne Picardie. De plus, la DIRECCTE n’a pas souhaité retenir dans son intégralité notre demande initiale d’autorisation qui devait rendre possible le dépassement de la durée maximale hebdomadaire jusqu’à 72 heures. Enfin, cette dernière souhaite que la FRSEA leur fournisse un bilan détaillé sur l’utilisation de cette dérogation….

Espérons, à l’heure de la « simplification administrative » tant souhaitée par les gouvernements successifs, que cette « décision critiquable », qui devait essayer de sécuriser au mieux nos employeurs face aux contraintes liées aux travaux de récoltes (conditions météorologiques, manque de personnel qualifié pour la conduite d’engins agricoles, etc.), ne les « pénalise pas trop » cette année et soit revue dans un sens plus acceptable l’année prochaine !

 

Guillaume SENESCHAL – FDSEA 59 : 03.27.09.19.26

Caroline BONCZYK – FDSEA 62 : 03 21 60 57 13

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