Dérogations 2018 aux durées maximales de travail applicables à ce jour

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Suite à la demande de la FRSEA, la DIRECCTE autorise le dépassement des durées maximales de travail sous certaines conditions.

Avec l’arrivée des diverses récoltes, vous êtes nombreux chaque année à vous poser la même question : puis-je demander à mon salarié d’effectuer plusieurs heures supplémentaires sans limite pour finir les travaux saisonniers qui ne peuvent pas attendre ?

En principe, un employeur ne peut pas faire travailler son salarié plus de 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 1940 heures par an (ou 2000 heures pour les entreprises qui emploient un seul salarié permanent et les CUMA).
Cependant, certaines de ces limites peuvent être dépassées après autorisation préalable de la Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE).

Sur demande de la Commission Employeurs de la Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FRSEA) des Hauts-de-France, la DIRECCTE vient d’accorder pour l’année 2018, sous réserve de respecter certaines modalités, une autorisation collective à déroger à ces limites pour les exploitations agricoles de notre région. Cette décision évite ainsi aux agriculteurs de devoir faire des demandes individuelles pour certains travaux dont l’exécution ne peut être différée.
Cependant, la DIRECCTE, cette année encore, n’a pas souhaité retenir dans son intégralité notre demande initiale d’autorisation qui devait rendre possible le dépassement de la durée maximale hebdomadaire jusqu’à 72 heures.

Quelles sont les modalités (à ce jour) à respecter pour pouvoir déroger à ces durées maximales de travail ?

Conditions à respecter pour déroger à la durée maximale hebdomadaire :

Il vous est possible de faire travailler vos salariés dans la limite de 60 heures pendant 10 semaines consécutives ou non pour l’ensemble des périodes et travaux suivants :
- du 18 juin au 29 septembre pour les récoltes des céréales et du lin textile,
- du 30 juillet au 3 novembre pour la récolte des pommes de terre,
- du 3 septembre au 15 décembre pour la récolte des betteraves, de maïs et de tournesol,
- du 17 septembre au 8 décembre pour les semis d’automne,
- du 3 septembre au 22 décembre pour la récolte des racines d’endives,
- du 3 septembre au 27 octobre pour la récolte des fruits du verger.

Une dérogation est également accordée, dans la limite de 60 heures pendant 3 semaines consécutives ou non, pour l’ensemble des périodes et travaux suivants:
- du 30 juillet au 3 novembre pour le tri et le conditionnement des pommes de terre,
- du 12 novembre au 15 décembre pour les travaux de coupe des sapins de noël.

A noter : Cette dérogation s’applique exclusivement aux salariés majeurs, permanents et temporaires, employés durant les périodes susvisées. Les jeunes de moins de 18 ans ne sont pas concernés.

Conditions à respecter pour déroger à la durée maximale quotidienne :

Le dépassement de la durée quotidienne peut être effectué dans la limite de deux heures par jour, soit 12 heures de travail effectif au lieu de 10. Le nombre global d’heures de dépassement par salarié ne doit pas être supérieur à 50 heures par période annuelle (exemple : 25 jours à 12 heures).

Autres conditions à respecter :

La DIRECCTE rappelle que :
- La durée maximale hebdomadaire moyenne calculée sur 12 mois reste fixée à 44 heures ;
- Cette autorisation n’exonère pas les employeurs du paiement des majorations pour heures supplémentaires, et en cas de recours au système dit de l’annualisation du temps de travail, les heures effectuées au-delà de 48 heures au cours d’une semaine devront subir une majoration de salaire de 25 % pour les 8 premières heures et 50 % au-delà ;
- Le salarié doit bénéficier d’un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives se situant le dimanche en principe. Cependant, celui-ci peut être suspendu au maximum 6 fois par an en cas de circonstances exceptionnelles et sous réserve d’en informer l’inspection du travail ;
- Il existe également un repos quotidien obligatoire de 11 heures consécutives, qui se cumule avec le repos hebdomadaire ;
- Les employeurs qui désirent user de la présente dérogation doivent procéder (lorsqu’il y a des institutions représentatives du personnel) à la consultation du comité d’entreprise, ou à défaut, des délégués du personnel, sur cette intention, et transmettre l’avis ainsi recueilli au directeur régional de la DIRECCTE.

Bon à savoir : Malgré cette demande syndicale commune pour les Hauts de France, la DIRECCTE n’a pas souhaité retenir dans son intégralité celle-ci. Cette dernière souhaite également que la FRSEA lui fournisse un bilan détaillé sur l’utilisation de cette dérogation avec, pour chaque entreprise, le nombre d’heures de travail par salarié et par semaine….  ce qui est en contradiction avec notre mission de syndicat !

Suite à cette décision, la FRSEA des Hauts de France a rencontré la DIRECCTE et la DRAAF aux fins d’obtenir une décision plus acceptable : une dérogation plus large à hauteur de 72 heures par semaine sur les périodes de grands travaux dans le but de sécuriser au mieux nos exploitations régionales face aux contraintes liées aux travaux de récoltes (conditions météorologiques, manque de personnel qualifié pour la conduite d’engins agricoles, etc.). Nous vous tiendrons informés dès que possible des évolutions.

 

Caroline BONCZYK – FDSEA 62
Guillaume SENESCHAL – FDSEA 59

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